TE002 – Réponse H-418 : trous dans la couette anti-empressement.

[RAPPORT C.I.E.I. – TRANSMISSION REÇUE – DOSSIER COMPLET]

REPONSE de l’agent H-418 (réf : H418-17A-B-031025)

CONFIDENTIEL — CLASSIFICATION BALINGIQUE — C.I.E.I.

Auteur : H-418 (Fabien Maréchal – agent terrain externe)

Date : 290925

Circonstance : Balingisme spontané L-113. 

Suite de l’hypothèse n°3 : trous dans la couette anti-empressement.

Niveau de procédure : rapport préliminaire sur le diamètre optimal des trous de couette anti-empressement pour validation protocolaire

Enquête de terrain. Observation et ratissage de la couette anti-empressement.

Constats :

  • piquetage de la couette (trous d’un diamètre inférieur à 1 mm et supérieur à 50 micromètres) dans des creux spécifiques et, de moindre façon, aux abords de ceux-ci.

Reconstitution :

Phase 1

  • la couette anti-empressement attire à elle une entité quadrupède ;
  • l’entité effectue le tour de la couette, qu’elle inspecte avec son appendice nasal jusqu’à trouver un endroit qui lui convienne (repli de la couette, tas de linge propre qu’il faut absolument se décider à ranger, pull balancé là parce qu’il n’y a plus de place sur le dossier de la chaise — qu’il faut absolument se décider à ranger [la chaise et ce qu’il y a dessus]) ;
  • l’entité tourne autour de l’endroit ;
  • l’entité entame un mouvement de pose/dépose alternatif des antérieurs en sortant les grigriffes et en émettant un son guttural évoquant un moteur diesel s’évanouissant dans le lointain comme un train qui ne sifflerait pas, que nous avons appelé dans un premier temps « Jean-Édouard », avant d’opter pour « ronron » parce que c’est plus court.
  • le mouvement enfonce la couette jusqu’à créer un creux à ronron ;
  • le va-et-vient des grigriffes provoque dans le tissu spatio-couettesque, précisément au fond du creux à ronron, de minuscules trous dans lesquels sont susceptibles de se déposer des résidus de grigriffe.

[note postérieure : la répétition régulière de ce mouvement dans un creux à ronron peut engendrer une désagrégation du tissue spatio-couettesque jusqu’à déchirure éventuelle, laissant alors entrevoir la matière interne de la couette anti-empressement]

Phase 2

  • la couette attire à elle au bout d’un temps plus ou moins long, mais jamais supérieur à la patience de l’observateur (ou alors peut-être que si, mais cela n’a pas été documenté) une seconde entité, bipède ;
  • l’entité n°2 orbite le creux à ronron en émettant un son répétitif, mais variable (citons : « rholécontenlechacha », « holepetipouchnouftoudamour », « sicépamignonça »), et en se rapprochant progressivement et circulairement du creux à ronron (et, conséquemment, de l’entité n°1) ;
  • l’entité n°1 redouble de ronron ;
  • l’entité n°2 allonge une sorte de tuyau articulé vers l’entité n°1 jusqu’à contact ;
  • l’entité n°1 retriple de ronron ; l’activité des antérieurs s’accélère ; les déchirures dans le tissu spatio-couettesque s’agrandissent ;
  • le creux à ronron dévie le cours du temps, qui tombe dans le creux, s’y accumule, et finit par s’infiltrer dans la structure de la couette anti-empressement via les troutrous de grigriffes ;
  • on observe alors régulièrement une fusion entre les entités n°1 et n°2, la seconde enfouissant un organe supérieur approximativement conique dans la surface de la première [note : penser à vérifier si l’entité n°2 ne serait pas une autruche et l’entité n°1 du sable chaud qui sent bon] ;
  • l’entité n°2 se met à respirer bruyamment et semble atteinte d’un syndrome d’apathie tétanique [note : « hypothèse drogue ronron » : étudier l’éventualité d’un effet psychotrope de la surface de l’entité n°1 que rechercherait l’entité n°2] ;
  • le creux à ronron s’élargit d’autant plus que la fusion se poursuit ;
  • plus la fusion se poursuit, plus il semble difficile pour l’entité n°2 de s’en extraire.

Conséquences :

  • abaissement de la productivité de l’entité n°1 de 0 à 0 ;
  • abaissement de la production d’hormone de l’empressement chez l’entité n°2 (du niveau « Maijauraijamailtem » au niveau « Ptainchuialabourralbol » puis « pidtoutefaçonrienapéter), conduisant à un oubli des règles du capitalisme ultra-liberal (C.U.L.)

Loi 1 :

Toute entité quadrupède plongée dans un creux à ronron doit, pour en sortir, dépenser une énergie supérieure à celle qui l’a conduite vers ledit creux.

Loi 2 :

La déformation de l’espace-temps au fond du creux à ronron RALENTIT le temps de la façon suivante : distance de bord du creux à bord opposé = une bonne demi-heure au minimum.

Loi 3 :

La formation de troutrous à grigriffes au fond du creux à ronron engendre un désentrelaçage du tissu de la couette à non-empressement qui favorise lui-même la formation de nouveaux creux à ronron.

Loi 4 :

Le diamètre optimal du trou de grigriffe dans le maillage spatio-temporelle de la couette anti-empressement est strictement compris entre le diamètre de la grigriffe et la largeur de la couette.

Hypothèses physiques :

Le creux à ronron est une singularité de l’espace-temps au niveau de la couette à empressement qui attire par gravitation [l’analyse spectroscopique des entités y a révélé des taux élevés de gravenvidrienfoutre et de gravenvidpioncer] de la matière vivante, avant de l’accréter et de la fusionner.

L’élargissement progressif des creux à ronron est susceptible d’entraîner à terme un rapprochement entre trous, puis une fusion et, le processus se poursuivant de proche en proche, la transformation de la couette anti-empressement en immense trou à ronron de plusieurs masses minouminou.

Addenda sur mon bidet :

Il est proposé de renommer le « creux à ronron » en « trou gris », la différence avec le trou noir étant que la matière peut en ressortir mais c’est ultra difficile quand même.

Explication de la Loi 2 : il existe un décalage entre l’expérience utilisateur du trou gris et le temps extérieur à celui-ci. Le temps utilisateur s’étire de tout son long jusqu’au bout des papattes, tandis que le temps extérieur poursuit son triple galop jusqu’à sabot rompu.

Ainsi, lorsqu’il s’extirpe du trou gris, l’utilisateur a l’impression que le temps a filé à toute vitesse, alors même que ce dernier, tel Capitaine Flam, vient du fond de la nuit de lui-même (boucle de rétro-inaction).

Conséquence : toute entité bipède qui s’extirpe d’un trou gris à force de volonté voit celle-ci s’effondrer quand elle constate l’heure qu’il est (l’horloge affichant systématiquement : déjà, nan mais c’est pas possible ?), avec tentation d’y retourner illico (ce qui tendrait à valider l’hypothèse d’un effet psychotrope du trou gris et d’un trafic massif de drogue ronron transitant par les couettes anti-empressement).

Suite à envisager :

  • création d’une nomenclature des trous gris sur le modèle des catalogues galactiques selon coordonnées spatiales sur lit à couette à ronron, les creux étant numérotés dans l’ordre de détection. Ainsi, le premier trou gris du lit n°2 placé au centre d’icelui sera ainsi désigné : 2-1-95-100-gouzi (« gouzi » indiquant le libre arbitre de perdage de pédale quand gratte-gratte derrière l’oreille).

Note du CIEI : ce rapport constitue une réponse qui réconcilie brillamment les RAP002 et RAP006, tout en offrant une illustration anticipative du RAP011 sur la possibilité de créer de néologismes immédiatement compréhensibles (« trou gris », « couette anti-empressement », « creux à ronron »). L’agent H-418 démontre ici une maîtrise exemplaire des protocoles balingiques.


TRANSMISSION TERMINÉE

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